Fondements théoriques de la méthode Vittoz

jeudi 12 septembre 2013
par  SG

Le langage de Roger Vittoz est daté historiquement mais ses intuitions et le bon sens de ses observations voient leur pertinence confirmée par la neurophysiologie actuelle. Le Vittoz appartient au groupe des thérapies à médiation corporelle

De quoi s’agit-il ?

  • mettre de la conscience dans des processus corporels habituellement automatiques, (Vittoz parle d’améliorer « la connexion entre cerveau conscient et cerveau inconscient ) ;
  • favoriser ainsi des réponses plus souples et plus adaptées, une meilleure flexibilité cognitive ;
  • utiliser la conscience du corps pour enraciner le sentiment d’identité, parce que la personne a été structurée - d’abord - par du sensoriel et du perceptif.

Du point de vue philosophique, la pratique Vittoz se rattache à la psychologie existentielle selon laquelle l’expérience immédiate du sujet permet une meilleure approche de la réalité que la démarche uniquement rationnelle.
Plus précisément, le corps (et la réceptivité sensorielle) est considéré comme une aide pour « être-au-monde », « dans le moment présent ».
Le Vittoz s’inscrit foncièrement dans la perspective phénoménologique, pour laquelle c’est « ce qui arrive » qui importe, dans l’acuité de l’instant présent. L’identité, comme l’être au monde, ne sont pas des données rigides, mais des processus, avec leurs obstacles, leurs échappements. Cultiver ces processus est le domaine électif du Vittoz et de ses exercices, c’est son premier champ de pertinence.

Du point de vue neurophysiologique, la perception des sensations, qui est au cœur des exercices de réceptivité Vittoz, s’effectue à partir d’un influx nerveux qui passe à travers de multiples relais (notamment le relais réticulo-thalamique) pour parvenir à la conscience en fonction d’un seuil de sensibilité variable. Cette perception va être transformée et élargie par le fait même que la conscience du sujet est mobilisée intentionnellement. A l’opposé, l’automatisme de la sensation est naturel mais il évacue le sujet (sensations de type réflexe, ou sans attention particulière). Ainsi, en plus d’un renforcement du sentiment de soi, il y a une sensation d’unité qui vient de ce que c’est tout l’ensemble du cerveau qui est mobilisé pour l’aboutissement d’un seul moment de réceptivité voulue. L’exercice engage en douceur la totalité de la personne.
Par ailleurs, le cerveau est "neuro-plastique", c’est-à -dire qu’il est capable de se modeler et remodeler tout au long de la vie. Nos réseaux de neurones peuvent changer, se développer ou s’atrophier au gré des interactions avec le milieu environnant ou pour s’adapter à de nouvelles missions. Plus une voie neuronale sera activée plus elle sera renforcée. Ainsi la répétition d’exercices Vittoz adaptés permet de combattre obsessions, phobies ou autres conditionnements pathologiques.

Du point de vue psychothérapeutique, s’il n’existe pas de théorie du développement dans la démarche Vittoz, on y trouve une conception de la psychopathologie. Roger Vittoz situait l’origine de la pathologie dans l’enfance, quand face à des frustrations répétées, ou à des chocs plus graves, l’enfant pour fuir un réel traumatisant se replie sur lui-même, se coupant de ses sensations et émotions, s’absentant dans un vagabondage mental qui s’interpose entre lui et la réalité.

La stratégie thérapeutique du Dr Vittoz consiste donc à reconnecter le patient avec les sensations dont il s’est coupé.
Expérimenter les multiples exercices sensoriels, somesthésiques et mentaux, en séances et hors séance, il lui permettront de rentrer en contact avec lui-même, au risque de la rencontre avec les émotions et les souvenirs enfouis dans la mémoire de son corps. C’est ce que le docteur Vittoz nomme les « clichés ».

Cette reprise de contact deviendra acceptable et les causes des blessures pourront s’élaborer grâce à deux éléments nouveaux :

  • une plus grande stabilité émotionnelle, fruit d’un contrôle cérébral retrouvé avec les exercices ;
  • les effets de la relation thérapeutique.

Cette relation constitue le lien grâce auquel le patient peut s’autoriser à être lui-même et progressivement entamer le travail de deuil de désirs infantiles qu’il aura retrouvés. Désirs infantiles qui souvent alimentent notre insatisfaction, nous empêchent de jouir du moment présent.

Pour aller plus loin : www.vittoz-irdc.net


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